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 Nouveau départ [libre]

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Léandre Ravenclaw
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MessageSujet: Nouveau départ [libre]   Ven 31 Juil - 12:42

Lorsque j'ai reçu ma lettre d'admission pour le poste de surveillant, je n'en croyais pas mes yeux. Enfin une bonne nouvelle ! Non pas que je pensais avoir fait une mauvaise impression mais... les bonnes nouvelles sont rares de nos jours. Le changement en revanche...Pendant près de 6 ans je n'ai pas cessé de bouger. Et aujourd'hui un contrat sur un bout de papier me lie pour un an au même endroit. J'appréhende un peu. Après tout, c'est nouveau. C'est différent de la vie que j'ai mené jusqu'ici. Certains diront plus respectable, d'autre diront plus stable. Ce n'est sûrement pas une mauvaise chose d'avoir un endroit où rester. Une sorte de foyer de substitution...24 ans c'est un peu vieux pour continuer à errer sans avenir, sans but, sans destination précise. J'ai aussitôt empaqueté quelques affaires. J'ai dû aller rafraîchir ma garde-robe, histoire d'avoir quelque chose de présentable à me mettre. Trouver un vrai job, n'est-ce pas le début de la vie d'adulte ? J'ai l'impression d'avoir vécu un peu n'importe comment. Chaotique, c'est le terme. Maintenant j'ai la sensation que le changement approche. Je regarde le paysage défiler à travers les vitres du taxi et je me dis que peut-être c'est le début de quelque chose de positif.

Après avoir tendu quelques billets au chauffeur, je referme la portière avec un claquement sec. La silhouette sombre qui se dresse face à ce bâtiment mystérieux et illustre c'est moi. Mon poing se resserre autour de la poignée de ma valise. Elle ne pèse pas lourd. Pourtant il s'agissait de choses dont je ne peux pas me passer, et que je n'aurais pas pu emporter sous ma forme de corbeau. Une bourrasque de vent secoue mon long manteau noir et joue avec les boucles de mes cheveux. Pendant un moment qui me paraît interminable, je toise, je juge, j'admire ce bâtiment qui m'acceuille. Mes lèvres esquissent un faible sourire, comme pour me donner du courage et mes pieds se décident enfin à bouger. Les portes sont un peu lourdes, mais je parviens à franchir le seuil sans trop de peine. Je me retrouve alors dans un hall, plutôt spacieux et bien décoré. Mes iris ocres se perdent un moment dans une contemplation silencieuse. Impressionant...mes lèvres dessinent le mot mais aucun ne sort de ma bouche, juste un souffle à peine audible. J'avance un peu. Où dois-je aller ? Rien n'est indiqué. J'ai l'étrange impression que le bruit de mes pas résonnent dans l'immensité du hall. Je m'arrête au centre de la pièce un peu intimidé. Je suis perdu. Je n'ai pas l'habitude de ce genre d'endroit. Je connais bien les ruelles pavées des villes, les sentiers sombres et sinueux des forêts, mais les bâtiments de cette envergure...Je n'y pénètre jamais. Aussitôt j'ai un pincement au coeur, mes années d'écoles me semblent bien loin aujourd'hui. Serais-je à la hauteur ?
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Acony Lanchester
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Ven 31 Juil - 13:34

[Je me permets de te répondre. Si cela dérange qui que ce soit, je pourrai toujours supprimer mon post °v°]

Serais-je à la hauteur _


Je ne m'étais jamais posé la question. Et puis, à la hauteur de quoi ? Pour quoi faire ? De toute manière, personne ne regarderait ce que je fournirai. J’ai fini par me faire une raison, je n’avais rien à dire, rien à faire, car personne ne voudrait m’écouter ou me voir. Je comprenais tous ces gens. Même ces misérables Humains aux allures hautaines. Je savais que c’était dur pour eux de me voir. Mais c’est dur pour moi de les voir. Leurs vêtements, leurs yeux, les mains, leurs cheveux, leurs nez, leurs jambes, tout me repousse. Je ne les aime vraiment pas. Les Humains. Même leur nom est dénué d’humilité. Oh, et puis ne me demandez pas pourquoi ! C’est comme ça, c’est tout ! Est-ce que je vous demande de vous justifier quand vous me dites que vous aimez tel ou tel plat ou tel ou tel truc inutile et stupide ? Taisez-vous.

J’étais d’une extrême mauvaise humeur ce jour là. Déjà, je n’étais pas seule. J’en étais sûre. J’avais encore eu une vision à mon réveil. Un homme, grand, et noir. De toute la matinée, je n’avais pu me débarrasser de son image au milieu du hall. Il était seul avec une petite valise. Et dire que moi, je n’étais venue qu’avec un maigre bagage. Il semblerait que les gens attachent une grande importance aux possessions. Pas moi. Je n’ai jamais rien eu. Et jamais cherché à avoir quoi que ce soit. Je suis sortie, un peu. Mais il faisait trop chaud. Dans mes habituels vêtements noirs, je cuisais. En m’asseyant à l’ombre d’un grand arbre, les jambes toutes tendues, j’ai regardé mon corps. Mes pieds dont les pointes se rapprochaient sensiblement, formant un triangle indécis dans lequel de l’herbe verte m’était offerte. Mes mollets dénués de chair. Mes cuisses à peine plus grosses que mes bras. Je sautais mon entre jambe pour fixer mon ventre. Un petit pli sur ma robe. Ma peau. Pas de viande, pas de graisse, rien. J’ai relevé les yeux, pour fixer les feuilles. Elles aussi étaient dénuées de viande et de chair. Elles aussi étaient laides.

Le bruit d’une voiture. Je me suis levée, dérangée. D’un pas lest et rapide, je suis rentrée. Le hall. J’évitais ce hall, d’habitude. J’aurai dû le faire, ce jour là. Je ne sais pas ce qu’il c’est passé. J’ai regardé un instant les colonnes, admirant les gravures. Et puis, j’ai remarqué une continuité entre les dessins, comme une histoire. J’ai réfléchis. Cela était rare, pour moi. Non, pas la réflexion ! Je réfléchis tout le temps. A quoi ? Cela ne vous regarde pas. Pour qui vous prenez vous, à me demander des choses aussi personnelles ? Laissez-moi continuer mon récit, s’il vous plaît.
J’ai donc réfléchis à cette histoire. Le début ? Où pouvait-il bien être ? Comme dans les livres. Je suis partie à gauche. Il était là. J’ai suivi les dessins, jusqu’à ce qu’un bruit me dérange. En tournant la tête, j’ai aperçu l’homme de la vision. Ah, j’étais pourtant persuadée qu’il était seul… Mais comment aurais-je pu savoir que j’étais là à son arrivée ? Je ne lui ai pas parlé, et je suis retournée à mes contemplations. C’était une histoire d’amour entre deux feuilles de vigne. Mais on ne savait pas trop si elles s’aimaient vraiment ou si elles se détestaient. Certains auraient vu ces bas reliefs habituels que l’on voit dans les vieux bâtiments. Moi, j’y voyais une grande histoire. J’ai tourné, les yeux. Elle se prolongeait sur tout le hall. J’ai suivi.

Le bruit délicat de mes pas s’éleva alors, comme un appel. Le chant de mes petites chaussures noires résonna sûrement contre l’homme en noir, qui, je crois, n’avait pas bougé. Mais je m’en foutais. J’ai continué à lire ces images, traversant amour et haine sans comprendre. Je me suis dit que c’était toujours comme ça dans les livres. On ne comprenait tout qu’à là fin, et tout nous semblait alors évident. Je ne me suis souciée de rien, et j’ai continué à avancer et à lire, laissant mes pas résonner presque régulièrement. J’apparaissais à côté d’un poteau pour disparaître derrière le suivant, les yeux levés, la tête dressé, les bras ballants. Et puis, de fil en aiguille, je suis arrivée à l’air libre. Je ne pouvais me cacher nulle part. J’ai donc plongé mon regard dans celui de l’homme. Un regard mort, un regard vide et vide à jamais. Je n’ai rien dit. Mais j’ai saisi une ressemblance entre nous. La mort. Nous étions morts. Complètement morts. Peut être me trompais-je ? Qui sait. Mais serais-je à la hauteur de cet homme mort.
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Léandre Ravenclaw
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Ven 31 Juil - 15:56

[Ne t'en fais pas c'est...parfait... Smile ]

On dit que bien comprendre un évènement, il faut quelques années de recul pour analyser la situation la tête froide. Depuis cette fameuse nuit, j'ai eu tout le temps de songer à ce que j'avais vu. Ces images, ces souvenirs revenaient me hanter, encore et encore, et me réveillaient en sursaut, le coeur battant. Au fil des années mes cauchemars ont changés peu à peu. Ils se transformaient progressivement en fantasmes : " et si j'avais...et si j'étais..". Des regrets. Si quelque chose ce jour là avait été différent comment les choses se seraient-elle déroulées ? Je ne le saurais sans doute jamais. Mais récemment, je me suis rendu compte que ce que je reprochais aux autres, je pouvais également me le reprocher à moi-même. La terreur, la lâcheté...J'aurais dû les sauver. Je n'aurais pas dû fuir misérablement comme je l'ai fait. En fin de compte je ne vaux pas mieux qu'EUX. Je me souviens de la panique qui m'a submergé, du désespoir... Mais aujourd'hui je me sens coupable. Car au moment précis de mon évasion, je n'ai pensé qu'à sauver ma propre peau. Je les ai abandonnés sans regarder en arrière, et en quittant ma ville natale j'anéantissais peut-être leur unique chance d'être sauvé. Un jour ma mère m'a dit " On ne peut pas sauver tout le monde". Je me souviens lui avoir répondu " On peut quand même essayer".

Mais voilà, apparemment je suis devenu un lâche et un poltron. Je fuis sans cesse, mais c’est vain. Car j’emporte mon fardeau avec moi. C’est aussi ridicule que de fuir sa propre ombre. Se fuir soi-même. Je m’en rends compte maintenant. Alors que ces idées noires traversent mon esprit, mon expression se ternit. Mélancolie, ma douce amie…Que deviendrais-je sans toi ? Je serais simplement dénué de cœur. Car c’est également une de mes craintes, que celle de ne plus rien sentir. Devenir insensible, un corps vivant, mais sans âme. Une enveloppe vide, qui marche, qui parle, qui mange, qui respire, qui vit… Mais qui n’existe pas. On peut penser que cela vous épargnerait bien des chagrins. Seulement j’ai trop vécu avec mes sentiments, et même les plus sombres et les plus inavouables sont devenus précieux à mes yeux. Car sans eux je ne suis que de la poussière transportée par du vent. La seule chose que je regrette dans mon comportement, c’est de ne pas laisser la chaleur du soleil filtrer les nuages épais de ma langueur.

« Raven » Je songe à mon nouveau nom. Celui que j’ai adopté pour renier celui que j’étais et être en harmonie avec celui que je suis devenu. Je pense trop, je sais. Je prête de nouveau attention aux alentours. Ca doit faire un moment que je suis planté, plongé dans ma torpeur habituelle. Je distingue un léger bruit de pas. Comme des petites chaussures cirées sur les dalles impeccables du hall de l’internat. Quelque chose bouge près des colonnes. Une fillette. Ses mouvements sont lents et gracieux, comme ceux d’une danseuse. Et puis elle s’est arrêtée et m’a regardé droit dans les yeux. Quelle étrange impression…Ce que j’aurais du remarquer en premier aurait été la cicatrice qui lui barrait l’œil gauche. Mais ce fut autre chose qui attira mon attention. Ce regard, ces yeux vides…C’était comme regarder un miroir brisé. A ce moment précis je sus que nous avions quelque chose en commun, une fêlure. J’ignore quelle expression j’arborais, si j’avais l’air interloqué ou bien si j’affichais cet air grave comme à l’ordinaire. Peu m’importait. Dans son visage je revoyais cet homme que j’avais rencontré. Il n’était pas très vieux, mais ses cheveux grisaient déjà. Il avait ces grands yeux bleus, qui autrefois devaient exprimer une certaine vitalité. Mais quand je l’ai rencontré, il était mort. Il revenait de prison, ou d’un centre, je ne sais plus. Un de ces amis a dit : « Content de voir que ces salauds ne t’ont pas démolis ». L’homme m’a regardé à ce moment là. Je savais qu’en réalité, cet homme…était profondément anéanti. Brisé en mille morceaux. Comme cette gamine. Et c’était pourquoi nous nous dévisagions sans un mot.

Au bout d’un moment, je brisais ce silence si réconfortant, si intime. Je ne devais pas oublier pourquoi j’étais là, en me laissant aller à quelques mélancolies avec une compagne de misère. Cependant le regard de la poupée brisée m’avait suffisamment interpellé que pour piquer ma curiosité.


- Qui es-tu ?


Dernière édition par Léandre Ravenclaw le Ven 31 Juil - 16:26, édité 1 fois
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Acony Lanchester
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Ven 31 Juil - 16:22

[Je suis contente que ça te plaise, alors ( :]

Qui je suis ? Je suis Acony. Je suis Acony, la petite fille morte depuis des dizaines et des dizaines d’années. Je suis Acony, la petite fille disparue du cœur du monde entier. Je suis Acony, la petite file… Je ne sais plus. Qui je suis ? C’est une bonne question. Cet homme m’étonnait. Et lui ? Qui était-il ? Il me parlait comme si j’étais normale. Il me parlait comme si je n’avais rien sur l’œil gauche. Il me parlait comme il parlerait à une petite fille égarée dans la rue, alors qu’il marchait en regardant les vitrines. Ce que je n’ai jamais fait, soit dit en passant. Je suis Acony. Mais je ne vais pas te le dire, parce que tu t’en moque comme du nom du cousin de ton ancienne voisine. L’homme en noir. C’est quoi ton nom ?

« Savoir qui je suis ne t’avancera à rien. »

Non, Acony ! Mais que fais-tu ? Il avait l’air si gentil ! Mais moi, je ne suis pas si innocente que ça. Que vas-tu me faire, Homme en noir ? Que veux-tu savoir ? Idiot. Veux-tu mourir avec moi ? Je n’arrive même pas à savoir si tu es Humain, tant ton cœur est sombre. Le mien aussi est sombre. Il est tout noir, cramé, mort depuis longtemps déjà. Et je le sais, maintenant. C’est les fous qui ont le cœur noir. J’ai peur des fous. J’ai peur des gens comme moi. J’ai peur de moi. Et toi, tu cherches à savoir qui je suis ? Un peu de bon sens, voyons !

« Je suis Acony. »

Habitants de Majutsu, vous apprendrez bien assez tôt que le bon sens m’a oublié. On m’a offert la laideur. On m’a offert une maigreur maladive. On ma offert la folie. Mais on a oublié le bon sens dans un coin. On l’a laissé moisir comme on oublie un vieux gâteau au fond d’un placard plein de produits dégueulasses. Mon regard à de nouveau rejoint celui de l’Homme en noir. Maintenant que tu sais qui je suis, Homme en noir, présente toi.
Mais je n’attendais pas qu’il me réponde pour me retourner vers l’histoire des feuilles de vigne. Mes yeux se relevèrent, accompagnant ma tête dans un mouvement. Je guidais mon âme vers un paradis inaccessible, qui m’était refusé pour des tas de raisons. J’étais immortelle. J’étais jeune. J’étais laide. Jeune folle destinée à souffrir. Assez. Les feuilles de vignes de retournaient. Assez, j’ai dit. Elles se retrouvaient, enfin, amoureuses et heureuses. Puis elles se quittaient, sûrement par ennui. ASSEZ !

L’histoire s’arrêta. L’homme ne bougeait pas, et semblait porter sur mon un intérêt particulier. Tous les gens qui m’ont rencontré ont eu la même réaction. On me remarque, s’interroge. Et puis, face à mon mutisme, on m’ignore. On m’oublie. On me tue. On me jette. Regardez ! Je suis l’enfant objet ! Je fais à manger, je râpe les carottes ! Je nourris le chat ! Je nettoie le jardin ! Je change les enfants ! Et puis je me casse. Alors. Alors vous me jetez. Bien sûr, c’est la vie d’un objet.
Je me suis entendue soupirer. Je ne savais pas ce que l’Homme en noir faisait. Acony. Acony ? Acony, tu dors ? Acony ? Tu es morte ? Oh. Oui. La mort. Enfin. Elle ne doit pas être loin. Ces feuilles de vignes doivent le sentir aussi, elles n’invitent plus mes yeux à les suivre. Vous aussi, vous êtes mortes. Allez-y, tuez-moi. Mettez fin à ma souffrance éternelle. Je n’ai rien à perdre, de toute façon. Et puis, l’Homme en noir sembla bouger. Un mouvement, bref, sourd. Il me sortit de ma torpeur, comme on tire un chat de l’eau, un bébé du ventre de sa mère. De mon unique air neutre, j’ai cessé de regarder au dessus de moi, pour planter mon regard dans le mur en face. J’attendais qu’il se perce sous l’effet de mes yeux dorés. J’attendais finalement. Je n’attendais qu’une réponse de cet homme.
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Léandre Ravenclaw
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Ven 31 Juil - 17:46

« Savoir qui je suis ne t’avanceras à rien ». Ces mots paraissaient étrangement durs venant de la bouche d’une fille et pourtant je n’aurais pas dû être aussi étonné. Le tutoiement m’interpelle. Quelque chose d’étrange se dégageait d’elle. C’était impalpable mais je le sentais. De la tristesse, de la lassitude…mais également autre chose, de différent. Impossible à décrire. Quoiqu’il en soit, elle n’avait pas totalement tort. Un nom ne définit pas un individu, est-ce qu’un nom seul, un mot sans esprit peut révéler votre identité ? Est-ce que le fait de m’appeler Léandre, fait de moi quelqu’un de bien, de mauvais, de triste ou d’heureux ? Cela n’avait absolument rien à voir. Connaître une personne ne se limite à une chose aussi futile. Pourquoi ais-je posé cette question ? Je ne connais personne. J’ai l’impression que cela fait des lustres que je ne me suis pas exprimé à haute voix, des siècles que je n’ai pas parlé à quelqu’un de quelque chose de vraiment important. Mais sans un mot, juste avec un regard, nous nous sommes reconnus. Les êtres brisés. Et rien que de le savoir, je me sentais moins seul. C’était…réconfortant.

Acony. Si cela était si inutile pourquoi répondre ? Avais-je envie de lui rétorquer. Mais ces mots auraient été vains et blessants. C’est un joli prénom, mais il ne m’informe pas plus sur ma jeune interlocutrice. Chez les gens comme nous, les yeux parlent tellement plus. Sous cette chevelure violette, je soupçonne que comme moi, elle ne cesse de réfléchir. Tout le temps. Sur ces choses importantes et inexplicables, ces choses auxquelles les gens normaux refusent de songer. La mort, la vie, l’existence, la souffrance, l’absence…la non-existence. Si jeune et pourtant si vieille...Elle a l’air un peu absent, comme si elle avait du mal à se concentrer sur une chose précise. Acony doit divaguer, s’échapper, s’enfuir. Comme moi.

N’importe qui d’autre la trouverait bizarre. Pas moi. Je ne la juge pas, je la comprends. Quand à son âge, on a été déçu, écoeuré par la vie elle-même, brisé en mille morceaux et abandonné sur le sol comme un déchet, je comprends qu’on puisse renier la réalité elle-même. Qu’on sombre doucement vers ce que les autres appellent folie, et ce que je nomme lucidité. On fuit comme on peut. Je l’observe en silence, j’essaie de deviner vers quoi se dirigent ses pensées. Cela m’intrigue, elle paraît tellement ailleurs. Oh, j’oubliais, c’est sans doute à moi de me présenter désormais ? Bien que ce ne soit pas nécessaire, car peut-être elle ne m’entendra même pas, la petite Acony dans son monde imaginaire. Esquisser un sourire de façade serait de mauvais goût, elle comprendrait. Alors j’articule de ma voix grave, sans aucun préambule.


– Raven

Les mots sont lourds et précieux. Ils peuvent faire plus de mal qu’un silence ne peut guérir. Alors utilisons-les avec respect et parcimonie, car peu de gens peuvent comprendre le pouvoir qu’ils renferment. Ra-ven. Deux syllabes qui coûtent. Mes iris jaunes tentent de la transpercer, en vain. Acony restera une énigme familière, comme un mot qu’on a sur le bout de la langue. Comme une saveur dont on ne peut percevoir toutes les nuances. Une porte qu’on a défoncé, puis qui s’est verouillée d’elle-même.Je me surprends à lui faire la conversation, en évitant soigneusement son regard.

- Je suis le nouveau surveillant de l’internat.

J’ignore si cela valait la peine d’être dit. Les mots se sont envolés hors de mes lèvres, comme des papillons. J’ignore pourquoi je lui ai dit ça. Après tout cela n’a pas tellement d’importance. Cela sous-entendait juste que vu les circonstances, nous serions amené à nous rencontrer de nouveau. Quelle rencontre peu commune. Je sens que mes derniers contacts humains sont bien loin. Surtout ceux concernant les plus jeunes que moi. Surtout concernant les gens comme moi. En général on ne parle pas. Mais je crois que je vais devoir m’y réhabituer.

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Acony Lanchester
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 5:58

C’était bien ça. Il n’était pas resté comme stupide au milieu du hall. J’aurai dû me taire. J’aurai dû rechercher le paquet cadeau « bon sens », rien qu’une fois, et ne pas me présenter. Il allait encore s’emballer. Comme tous les autres, il s’approchera de moi, et me racontera sa vie passée, sa vie présente et sa vie future. Comme si sa vie pouvait m’intéresser. Mais je me suis préparée, lentement, à mon rythme. Il allait tout me raconter, et puis, voyant que je ne l’écoutais pas, que je ne comptais certainement pas répondre, il allait simplement me poser un tas de questions. Questions auxquelles aucunes réponses ne seront jamais données. En tout cas, pas par moi. Et qui irait faire des recherches sur une personne telle que moi. Je n’allais pas pleurer, par simple honte, mais le désespoir que vous tous me causez est digne d’une torture éternelle. Vous ne comprenez jamais rien à rien et êtes persuadés d’être des entités géniales. Rendormez vous, mes chers, dans ce sommeil profond. Le sommeil offert par l’ignorance. Le seul sommeil qui guide vers des rêves, et non des cauchemars.

Mon cauchemar à moi avait commencé il y a longtemps, et ne s’arrêtait jamais. Qu’il était bon d’être seule. Soudain, la voix de l’Homme en noir me tira de ma torpeur. Il ne dit qu’un mot. Un seul mot. « Raven ». Ah, je réfléchis sur la consonance de ce mot, sur ses différentes lettres. Pas une seule ne ressemblait à l’autre. Acony, Raven, des noms étranges, inhabituels. Comme venus d’un pays lointain, d’une contrée oubliée par le monde moderne. Pourtant… Pourtant, je ne pouvais m’empêcher de dire ce nom à voix haute… Je l’ai hurlé dans ma tête, jusqu’à ce que mon cœur n’ait plus de voix. Je les fait vibrer dans mes jambes jusqu’à ce que mon intestin s’épuise. Et puis, j’ai dû le dire.

« Raven… C’est laid. »

Je l’avais soufflé, comme prise d’une mauvaise foi intense. Mais je n’avais rien à ajouter. Je me suis remise à lire, rassurée qu’il n’insiste pas. C’était un homme étrange. Il ne me dit rien d’autre que son nom. Après ma déclaration désagréable, le silence fut de nouveau là pour nous entourer. Dans ses bras cotonneux, l’histoire des feuilles de vignes me semblait pourtant plus difficile à lire. Je restais bloquée sur un mot que je n’arrivais pas à comprendre. Acony. Je n’arrivais plus à me comprendre. Comme si j’avais gagné cette Bubble de part d’humanité que je ne voulais pas, et qui ne me voulait pas. J’avais parlé, plus que d’habitude. Je me sentais presque normale, face à Raven. Et puis, je réagissais comme une gamine effarouche, comme toutes ces pauvres filles stupides. Raven. Ce n’était pourtant pas si laid ! Et je me surpris à espérer qu’il ne m’ait pas entendue. Mon dieu, Acony ! Où es-tu ? Je ne peux pas rester sans toi, Acony ! Nous devions mourir ensemble, c’était une promesse !
Raven m’a de nouveau parlé, comme gêné par le silence. Je devais alourdir la chose en paraissant stressée. Ma respiration c’était accélérée sensiblement. Mais au son de sa voix claire, je me suis calmée. Je devais m’inquiéter pour peu de choses. Cela faisait longtemps que je n’avais pas parlé. Et trois phrases n’allaient pas me laisser ouverte. On ne pourrait pas dire qu’Acony était une fille qui se dévoilait peu à peu. Je ne veux pas de ça. Mais Raven m’avait dit qu’il était surveillant. J’ai baissé les yeux, comme surprise.

« C’est quoi, un surveillant ? »

Je ne l’avais pas marmonnée. Il avait dû s’écouler une ou deux minutes avant que je pose la question. Vraiment, je ne savais pas. Surveillait-il les élèves ? Surveillait-il le personnel ? Où alors… Les Humains auraient utilisé un mot pour raconter tout autre chose ? Est-ce lui qui allait chercher à manger ? Est-ce lui qui dirigeait ce pensionnat ? Je ne savais absolument pas, et mon ignorance me fit oublier l’histoire. Je me souviens d’une petite fille qui, à chaque question qu’elle posait, elle se mettait à pleurer comme une madeleine. Je me suis dis que j’étais un peu comme elle. J’aurai pu pleurer après cette question. Pleurer de rage. Je demandais à un parfait inconnu s’il pouvait m’indiquer quelque chose que je ne savais pas. J’aurai dû le tuer. Mais je n’avais jamais tué personne. Et mon crime ne serait pas passé inaperçu. Un crime ? Pourtant, il n’aurait manqué à personne. Il est comme moi. Et si quelqu’un me tuais, personne ne s’en rendrait compte. Enfin, on ne pouvait pas me tuer.
Les feuilles de vignes m’étaient maintenant inconnues. Après qu’il m’ait répondu, je pourrai à nouveau lire. Je serai calmée, une nouvelle fois. Aussi bien par sa réponse que par sa voix. Alors j’ai attendu, comme un enfant attend l’histoire du soir. J’ai attendu, bêtement, qu’il m’éclaire. Et puis, j’ai cessé d’attendre. Je savais qu’après sa réponse, j’aurai envie d’en savoir toujours plus. Toujours, toujours, toujours plus. J’aurai dû me taire. J’aurai dû lire. Les livres ne répondent qu’avec de l’encre. Et on peut tout leur demander. Je veux que seuls les livres me connaissent. Je ne veux pas de ces Humains idiots.
Je dois vous ennuyer à répéter que je déteste les Humains. Alors ne lisez pas mes mots. Ils ne seront pour vous qu’une torture. Je ne peux rien dire d’autre que « je les déteste ». Je n’ai jamais rencontré d’Humains qui sortent de cette « norme » qu’ils basent et qui m’exaspère. Moi-même, je n’ai pas l’air humain. Que puis-je vous dire d’autre ? Rien, malheureusement. Alors laissez-moi finir cette histoire. L’histoire des vignes, et l’histoire de Raven, le surveillant.
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Léandre Ravenclaw
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 14:13

Raven, c'est ce que j'ai répondu spontanément. Pourtant je sais bien que sur mes papiers d'identité, je suis Léandre Ravenclaw. Quelle ironie, serre de corbeau...Etait-ce écrit quelque part ? Mais Léandre... Où est-il maintenant ? Léandre est resté là-bas, avec sa petite soeur Lulu qui l'embête tout le temps. Léandre est resté là-bas, à rire, s'écorcher les genoux, jouer dans la boue avec ses camarades de classes. Et Léandre est resté là-bas, dans ce bunker au fond des bois. Je me demande encore s'il a survécu à tous ça, ou bien si la seule chose qui subsiste encore, ce ne sont que des cendres. Réduit et transfiguré en Raven. Comme un reste de viande qui laissé à l'abandon, pourrit lentement. Parfois je me demande si nous sommes toujours la même personne, et si un jour je le reverrai. Avec ce sourire radieux sur son visage.

Peut-être que j'aurais pu rester "Léandre" mais aujourd'hui je serais mort. car c'est Raven qui m'a sauvé la vie. C'est lui qui a voulu se battre et continuer de vivre, mais à quel prix ? L'amertume, la haine, la déception, le mépris...Durant ma longue fugue, vivre ressemblait d'avantage à un combat avec mes souvenirs. Un combat sans fin et sans gagnant. J'ignore toujours où je vais, mais fuir en devenant Raven me semblait être la meilleure option, parmi le peu que j’avais.

« C’est laid » avait-elle soufflé, comme si le prononcer relevait de l’insulte. Je ne cillais même pas. Je n’ai jamais vraiment eu d’orgueil et si j’avais du m’offusquer à chaque qu’on trouvait ce nom ridicule, j’aurais perdu énormément d’énergie. Je ne jamais vraiment prêter attention à l’esthétique de ce mot. Il m’est apparut comme logique et s’est vite imposé à mon esprit. Il était peut-être laid, mais il était à mon image. De toute façon je ne suis jamais trouvé beau – quand je vous disais que j’avais abandonné mon orgueil. C’est trop lourd à porter, la culpabilité me suffisait amplement. Je n’avais pas à me justifier à ce sujet, et puis la sentence d’Acony était tombée. J’esquissais à peine un haussement d’épaule et je réprimais une envie subite de cigarette. Je l’observais en silence, elle parut soudainement stressée, comme oppressée. Et puis ses lèvres laissèrent échappée la raison de son agitation. Mes iris sévères heurtèrent les siens, fuyants. Visiblement elle ne se moquait pas de moi.

J’avoue que sur le coup, j’étais un peu surpris. J’entrouvrais mes lèvres de surprises, puis les refermaient, me plongeant dans une intense réflexion afin de lui expliquer ce qu’était un surveillant. Je croisais les bras et fermais momentanément mes paupières, à la fois las et en pleine réflexion.


- Et bien, un surveillant est employé pour veiller à la sécurité des élèves et au respect des règles de la part de ceux-ci., ma voix grave marqua une pause.Enfin…je suppose.

Après je n’avais reçu qu’une lettre. Je devais encore rencontrer le directeur pour le reste des directives. Je ne savais pas vraiment à quelle sauce j’allais être mangé. On n’est jamais sûr de rien. A part que je ne souvenais plus de la dernière fois où j’avais prononcé une phrase aussi longue. Finalement, parler ce n’est pas toujours aussi difficile. Certes cela demande des efforts de communication, mais ce n’est pas totalement insurmontable pour moi. Je décroisais les bras et automatiquement, j’esquissais un sourire ironique.

- Après tout, il paraît que cet internat est vraiment spécial…

Dès lors je levais les yeux au plafond, évitant le regard d’Acony après cette petite plaisanterie. Vraiment spécial… Ces mots avaient résonné dans ma tête. Et si Acony possédait elle aussi une faculté étrange ? Je n’avais pas peur. J’avais cessé d’avoir peur depuis longtemps. J’espérais juste qu’on ne m’ait pas menti. Mon regard se perdit dans le plafond avec nostalgie. Qu’est ce qui avait bien pu se passer derrière ces vieux murs ? Je poussais un soupir. Je n’avais pas envie d’être déçu, pour une fois qu’il me semblait trouver une place quelque part, rien que pour moi. C’était la cause de ma mélancolie. Je pouvais aller où je voulais, mais malgré tout, je n’avais aucun endroit où rester. Où se poser et se sentir…chez soi.
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 14:59

[tu noteras un nombre de fautes impressionnant, mais je t'avoue une flemme incroyable de les corriger. C'est surtout dans le second discours d'Acony qu'elles sont flagranttes, excuse moi...]

Sa réponse me surprit. Ainsi, un surveillant se contentait de remettre les gens à leur place. Cela nécessitait donc une grande sociabilité, pour ne pas froisser les gens, et un franc parlé sympathique. Nous deux n’avions rien de tout ça. Le pauvre. Raven avait-il eut le choix ? Avait-il dit « Oui, je veux être surveillant » ? Je me suis posée tout un tas de question, tant et si bien que cela à finit par m’énerver profondément. Je me suis sentie rougir, j’ai laissé mes sourcils se froncer et mes lèvres trembler. Mon corps s’est réveillé. Soudainement. J’ai frémit. Mon ventre s’est soulevé. Mes mains sont devenus des petits poings serrés et nerveux. Mes pieds se sont rapprochés. Et, étrangement, ma voix est sortit de mon intestin. Elle est sortit de ma tête. De mes oreilles et de mes genoux. Je l’ai vomie, crachée. Et cette affreuse mélodie de mots tous plus violents les uns que les autres à envahi le hall, tuant le silence. Dans une grande parenthèse de colère, j’ai perdu la raison. J’en suis devenue folle. Ma bile composée de mot à frappé les colonnes, à rebondit contre le carrelage, a giflé Raven et à agressé l’histoire des feuilles de vignes.

« Respecter les règles… Mais c’est nul ce que tu fais ! C’est complètement stupide ! Qui irait enfreindre les règles ? Et pourquoi faire ? Moi, en ne faisant jamais rien, je ne risque pas d’enfreindre quoi que ce soit ! Et toi, tu vas regarder partout pour savoir si « il » ne fait rien de « mal » ou si « elle » n’écrit pas sur les bustes, là haut ? Mon dieu, mais comment vas-tu distinguer le bien du mal ? Avec ces misérables lignes qu’ils appellent tous règlement ? Avec cet alignement de mots contradictoires et ennuyeux ? Et tu vas devoir le connaître ! Pas cœur ! Et puis, nous sommes si facilement corruptibles ! Un peu d’argent, parce que vous aimez ça, vous, les autres, et un bout de peau, intime fraction de secret dévoilée, et HOP ! Tu oublies ce que tu viens de voir ! Pauvre idiot, comment vas-tu voir tout ce que les élèves font en même temps ! »

Je repris ma respiration. Je n’en pouvais pourtant plus. Les mots se poussaient pour sortir plus vite. J’étais toujours comme ça. Je venais d’apprendre quelque chose. Comme d’habitude, cette chose me semblait étrange. Je la prenais pour moi. A ma façon. Je sentais que quelque chose échappait à Raven. J’étais persuadée qu’il fallait que je lui apprenne. Comme si j’étais une grand-mère qui parlait à son petit fils. Orgueil. Tristesse. Déception. Honte. Tout se mélangeait. Je ne pouvais pas dire grand-chose à propos de tout ça. Je n’en savais rien moi-même. Qui pouvait bien faire ce métier ? Je ne voulais pas que cela se passe comme d’habitude. Mais non. Rien n’y fait. Acony est Acony. Je suis-je. C’est tout, n’est-ce pas ? Que pouvais-je y faire ? Personne ne peut répondre à mes questions sans réponses. C’était l’horreur de mes nuits sans sommeil. L’horreur de mes jours sans occupation. L’horreur de mon corps. Mon cœur n’en voulait plus, de ces questions. Ma tête explosait à chaque nouvelle interrogation. Le bien du mal ? Comment ferait-il. Il était si jeune. Et il était incapable de paraître sympathique, ni pour se faire apprécier et se faire respecter des élèves.
Acony disparaît à chaque nouvelle question. Elle laisse place à une jeune fille intelligente et ouverte sur le monde. Inquiète. Mais toujours aussi seule. Seulement, Acony en souffre beaucoup. Acony se bat pour ne pas se poser trop de questions. Mais rien n’y fait. Je me bats pour ne pas me poser trop de questions. Mais rien n’y fait. Je suis sans cesse en train de me demander quelque chose. Alors, maintenant, c’en était assez. Ma voix à cessé d’être vomi. Elle a été crachée. Crachée avec une puissance extrême. Quelque chose que l’on imagine à peine. Je n’avais pas honte de hurler. J’avais honte des mots. J’utilisais peu les mots, j’avais peur de les blesser. Mais voilà, quand on hurle, les mots sont difficilement compréhensibles. Leur utilisation devient alors mauvaise. On abuse de leur sens. Enfin soit, j’ai hurlé dans le hall. J’ai hurlé jusqu’à ne plus avoir de souffle. Puis, après avoir longuement inspiré, je me suis remise à me vider. Cela ne m’arrivait pas souvent. A vrai dire, cela devait faire environ cinquante ans que le paysage n’avait pas entendu ma voix. J’ai hurlé, juste pour hurler et me sentir longuement à l’aise. Vide.

« Et puis, veiller à la sécurité des élèves. Tu comptes vraiment te taper toutes ces midinettes qui hurlent à la moindre coupure ? Ne soit pas idiot, part avant qu’il ne soit trop tard ! Tu vas aller poser des pansements sur les genoux de gamins stupides et incapables de marcher sans tenir la main à quelqu’un ! C’est ça que tu veux ? Tu veux vraiment te rapprocher de gens comme eux ? Tu veux vraiment te rapprocher des gens ? Allons, vas-tu gâcher les mots pour des « tu vas bien ? » mielleux ? Et quand tu les verras partir en sautillant et en chantant, tu vas vraiment soupirer «il va bien, je suis content » ? Idiot, idiot, idiot ! Mais va t’enfermer ailleurs si c’est pour te rapprocher des gens ! Va chez un musicien, un philosophe, un homme intelligent et pouvant t’apporter bon nombre de connaissances ! Et puis, que vas-tu faire des gens comme moi ? Incapable de mourir, incapable de se faire mal, incapable de mettre fin à leurs souffrances éternelles ? Cherches-tu vraiment à couler des jours mornes et chiants dans ce pensionnat bien trop spécial ? Entouré de gens qui n’ont pas besoin de toi ? Sais-tu seulement ce que sais que l’inutilité et l’oublie de ta propre personne ! Tu vas mourir, ici. Mais tu resteras tout de même vivant. Tu avanceras dans ces couloirs luxueux sans pouvoir toucher à rien car c’est contraire au règlement, ou bien dangereux pour la sécurité générale ! Et puis tu vas regarder les autres de loin. Tu vas les admirer, et tenter de te persuader que tu as plus de chance. Si tu gagneras un regard lucide sur le monde qui t’entoure, tu vas perdre toute trace d’humanité. Tu vas devenir vieux en gardant ce corps si jeune ! Et tu attendras la mort impatiemment ! C’est vraiment comme ça que tu veux devenir ? C’est comme moi que tu veux être ? La seule différence, c’est que moi, la mort, je peux toujours l’attendre, je ne suis nullement sur sa liste de clients. Tu es une cible bien plus belle. Ton corps à encore chair. Ton corps à encore sang. Tu as encore tout, dans ton corps. Tu n’es pas rongé par le malheur de vivre sans arrêt ! Vas-tu te détruire à rester ici ? »

J’ai dû me calmer. J’avais bien trop honte. Les mots étaient entrecoupés de sanglots. Mais les larmes, je ne pouvais les arrêter. Je ne les avais même pas vues commencer. Mais elles continuaient de rouler sur mon menton et d’arroser les joues. J’avais beau les essuyer, elles ne voulaient pas s’arrêter. Comment pouvais-je me rabaisser à ce point devant quelqu’un ? Je pleurai comme une madeleine, comme ces filles idiotes et égoïstes. Et je parlais comme jamais je ne parlais. Je ne voulais pas apitoyer Raven, mais la vérité était là. Et on ne pouvait la nier. Alors je me suis contentée de pleurer. J’ai pleuré, vidant encore mon corps des sons que je ne produisais jamais. Un long râle sortant de ma gorge, de ma voix de petite fille. Un haut-le-cœur. Une respiration dure. Et puis, de nouveau le râle. Et les larmes, toujours. Mes doigts s’enfonçaient dans mes paumes, et si je continuais, je me sentirai saigner. Mais je n’ai nullement desserré mes mains. Je n’ai rien fait d’autre que pleurer comme un bébé pleurerait. J’avais honte.
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 16:37

Je fus un peu ailleurs pendant un moment, ensuite seulement, je perçus le changement qui opérait chez Acony. Elle présentait toutes les caractéristiques de la future grosse colère. Les poings serrés, les muscles contractés de nervosité, on lisait clairement sur son visage les mots qui voulaient franchir ses lèvres pour être enfin libérés. Je ne l’avais pas prévu, qu’avais-je dit pour la vexer ?. La violence de ses mots me surpris, comme si elle venait tout juste de me gifler. Et une fois commencé, elle pouvait difficilement s’arrêter. J’ai déjà connu ça. Ces mots traîtres, ils montent en vous, résonnent jusqu’à ce que cela devienne insupportable. Et puis ils se fraient un chemin entre vos lèvres où ils sont expulsés, crachés avec haine et mépris. Je pouvais comprendre ce genre de choses. Mais j’avoue que le sursaut verbal d’Acony me laissa sans voix.

J’encaissais ses mots comme autant de gifles et de coups de poings. J’en restais interdit, ébahis devant cette déferlante verbale, qui j’espère lui apportait un certain soulagement. Je me suis senti momentanément impuissant face à cette vague de colère qui tombait sur moi, comme un million de flèches enflammées. Au fond de moi, je savais que cela me blessait car c’était en grande partie la vérité, cette dure réalité que je fuyais et refusais de voir. Elle m’avait mis K.O rien qu’avec quelques mots. J’en restais muet, la toisant avec appréhension. Acony reprit sa respiration et ses éclats de voix reprirent, résonnant dans l’immensité du hall, j’avais l’impression qu’un dieu inconnu avait déchaîné ses foudres sur moi.

Elle continuait d’hurler, d’éructer et tout le dédain qu’elle pouvait éprouver, toute son amertume me retombait dessus. Impossible à éviter. Je serrais les poings, les dents, contractais mes muscles. Il y avait un million de choses que j’aurais aimé lui rétorquer avec suffisance. Mais la demoiselle monopolisant tout l’espace verbale, je me contentais de faire ce que je savais le mieux. Un regard, un seul. Glacial et tranchant. Cela peut paraître un peu vous paraître dérisoire, mais mes yeux ont toujours su s’exprimer plus clairement que mon esprit. Sombre et dur. Sois comme un mur, impénétrable. Je l’écoutais et désormais elle ne pouvait plus m’atteindre. Et par la suite je compris. Ses hurlements sonnèrent plus hystériques, nerveux et entrecoupés. Comme des sanglots. N’est-ce pas ce que l’on nomme un appel à l’aide ? De toute évidence, Acony n’était pas une gamine ordinaire – ça je le savais déjà – mais ce que j’ignorais en revanche, c’était la fatalité qui la poursuivait. Vivre sans arrêt. L’immortalité. J’en connais de nombreux qui paieraient cher pour l’obtenir, cet objet de convoitise. Et pour elle, c’était son éternel tourment.

Je regardais les larmes couler sur ses joues. Mon regard s’adoucit sensiblement, mais ne la quittait pas. Je n’aurais jamais cru qu’un aussi petit corps pouvait supporter une telle tension, et contenir toutes ses larmes. J’aurais aimé savoir quoi dire pour arrêter ses larmes. Mais la vérité, c’était qu’en dépit de ma volonté de protéger et de sauver, j’étais cruellement handicapé. Amputé d’une moitié de cœur. J’étais incapable de faire une chose telle que l’entourer de mes bras pour la réconforter. De toute façon je doute qu’elle les aurait acceptés. Je la regardais longuement sans un mot. Acony avait parlé pour deux. Dans la dernière partie de son discours, elle avait parlé pour elle.


- Je n’ai pas l’intention de faire marche arrière.

J’avais prononcé ces mots avec une telle détermination qu’on les entendant résonner dans le hall, je me demandais s’il s’agissait bien de ma voix.

- Je n’ai pas l’intention d’arrêter de me battre. Et ce n’est ni la lassitude des jours qui passent, ni la monotonie du quotidien, ni les déceptions du genre humain et encore moins la lamentation déguisée en dédain d’un enfant qui veut mourir – et ne le peut- qui me feront changer d’avis.

Mes mots me parurent étrangement durs. Continuer à vivre n’est pas une chose facile, mourir l’est. Ceux qui survivent, sont ceux qui se battent et en ont la volonté. Je l’ai appris au cours de mes pérégrinations. Ma main droite lâche négligemment ma valise et se fourre dans une de mes poches à la recherche de quelque chose.

- Je sais que le monde est laid, triste, ennuyeux et injuste. Je sais qu’il tente d’étouffer tout ce qui pourrait être beau et bon, et je sais aussi qu’il ne pourra jamais être changé. Il faut être réaliste.

Ma main s’arrête, elle a trouvé ce qu’elle cherchait. Je sors un mouchoir en tissu, propre et blanc. Aussitôt je m’accroupis sensiblement pour être au même niveau qu’Acony et je lui tends ce simple mouchoir en tissu. Drapeau blanc. Dans mon regard, il n’y a pas une ombre de tristesse, pas une ombre de pitié. Je la fixe simplement attendant sa réaction. Acceptera-t-elle la trêve ? En tout cas ce n’est pas sans émotion que je souffle ces mots précieux, comme si je lui confiais un secret. Pour elle, ce ne sont peut-être que des mots. Mais pour moi, ils renferment une sorte de magie. Comme si en ouvrant la boîte de pandore, l’espoir s’était logé et avait vécu en eux. Un espoir désespéré, certes, mais un espoir quand même, qui brille avec la lueur vacillante d’une chandelle.

- On ne peut peut-être pas sauver tout le monde…Mais ca vaut la peine d’essayer
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 17:14

Ranven parlait. Il disait, de ce que j’ai compris –ou bien voulu écouter- qu’il ne pouvait plus reculer. Il était là, tant pis pour lui. Je n’allais pas convaincre un chat affamé de ne pas manger. Et puis il s’est accroupi. J’ai tout compris, Raven, ne te fatigue. Je ne suis rien de plus qu’une enfant éternelle, laide et morte vivante. Ne te fatigue pas à prendre pitié de moi-même. Je le fais très bien toute seule. Il a sorti ce petit carré blanc. Je me sentie offusqué. Ainsi… c’est ainsi. Tant pis pour lui. Je n’allais pas me rabaisser à ce simple carré blanc. Après tout, il avait été mon médicament. Je pleurai devant lui, je m’étais soulagée de mes mots. J’avais été soignée de chaque mal qui mordait mon être. Ils déchiraient ma peau. Ils plantaient leurs dents dans mes muscles comme le feraient des chiens en chasse tombés sur un chevreuil blessé. Et Raven me consolait. Mais qui pouvais-je bien être pour en arriver là.
Ressaisi-toi, Acony.
J’ai reniflé bruyamment, comme le ferait une mère voyant son enfant partir à la guerre, et ait repoussé doucement la main de Raven. Nous étions si différents. Ma petite main frêle risquait de se casser contre la main aux grands doigts de cet homme. Cet homme qui voulait un toit, et qui se retrouvait si bas qu’il était forcé de prendre le pire des postes pour ne pas se retrouver seul et nu. Raven. Que t’arrive-t-il ? Qui es-tu, pour croire que tu survivras parmi les idiots ? On ne peut pas sauver tout le monde. Mais ça vaut la peine d’essayer.
Qui m’avait sauvée, moi ? Oh, on avait bien essayée. Mais personne n’a su me sauver assez longtemps pour que cela soit conséquent. Je croyais, un instant, que l’on pourrait faire de moi une petite fille. Une poupée de tissus qui parle. Quelques phrases, sagement apprises. Bonjour, merci et s’il vous plaît. Et lorsque que l’on arriverait à tirer sur la ficelle de mon cœur, je pensais que je pourrai dire « fais moi un bisou ». Mais il n’en fut rien. Pas de bras chaleureux. Pas de lèvres aimantes. Alors pourquoi s’embêter avec une telle fille ? Finalement, j’ai bien compris. J’étais une boule de mauvaise foi de mauvais caractère. Il ne faut pas faire attention à quelqu’un comme moi. Car en voulant être normale, j’ai peur de devenir bien trop normale. Pour le nombre hallucinant d’années qu’il me reste à vivre, je ne veux pas être reconnaissante de qui que ce soit. Crescendo, puis piano. Le monde ne pourra jamais être changé, jamais. Raven, où veux-tu aller ? Que jamais je n’aille avec toi. Je ne vais que te devoir quelque chose. Ce mouchoir. Range-le vite. Je ne pourrai jamais te le rendre. Range aussi ton espoir. Range ton amour. Range tout, en ma présence. Range surtout ta pitié mansquée. Ta pitié et ta gentillesse. On n’offre rien à une vieille folle.

« Le monde ne peut pas être changé. Alors pourquoi sauver des gens ? »

Allaient-ils essayer de sauver le monde si nous les aidions ? On dit que l’union fait la force. Que nenni. Je n’ai jamais été aussi forte que lorsque je marchais toute seule. Une fois, j’ai été en collectivité. Mais je me suis terrée, attirant les foudres des autres personnes par mon mutisme eternel. Acony, rien que ça. Mon nom fait peur, non ? Le monde me fait peur. Je l’avoue avec difficulté, mais j’ai tellement peur des autres. Je pourrai vous dire ça en pleurant, parce que j’en ai honte, mais mes larmes ont bien trop coulé pour ça. Et celles qui coulaient il y a encore quelques minutes ont séchées. J’ai voulu frappé Raven, juste pour me soulager une dernière fois, mais ma gifle s’est transformée en caresse maladroite et sèche. Mon regarde neutre mais encore humide c’est posé sur celui de Raven, qui ne cessait de me regarder depuis tout à l’heure. Je m’étais donnée en spectacle. Cela allait prendre des années avant que cette scène ne se reproduise. J’aurais pu faire ça dans ma chambre. J’aurai été seule et n’aurai dérangé personne. Pauvre Raven. Tu avais dû endurer tout ça. Tant pis pour toi. Si tu n’étais pas venu, tu n’aurais pas eu à subir tout ça. Tant mieux pour moi. Maintenant je suis calme, et sereine. Mais je ne te remercierai pas. Je ne te dirai même pas que c’est grâce à toi que je suis de nouveau Acony. Va mourir au milieu de Majutsu. Agonise. Pense à moi quand tu entendras ce mot, pour sa ressemblance avec mon prénom. Souffre. Pense à moi quand tu entendras ce mot, pour sa ressemblance avec ma vie. Mais pour le moment, vis de haine et de patience. De larmes refoulées et de mots ravalés. Et médite sur la réelle utilité de ta présence ici. Mais je n’ai plus rien dit. En tout cas, plus rien qui eut un rapport avec cette histoire là. Histoire ? Il y en avait une, avant tout ça. Je l’ai oubliée ? Ah, non. Les feuilles de vigne. Où en étais-je ? Je ne sais plus. Raven m’avait fait perdre ma page. Ce type était vraiment idiot. Il m’énervait avec son air froid. Si encore il avait un air stupide, j’aurai pu deviner qui il était au premier regard. Mais il se cachait avec une grande agilité. J’ai rompu le faible contact que j’avais avec sa main pour tirer sur le bas de ma robe qui, dans la lutte avec moi-même s’était froissée.

« Tu m’as fait perdre le fil de mon histoire. »

J’ai cru que je parlais de l’histoire des feuilles de vigne. Raven compris également que c’était d’une histoire inventée et bien évidement pleine d’imagination. Mais c’est une phrase dont je me souviens encore, même après des années et des années, sûrement après la mort de Raven. Et avec le recul et peut être la prise de conscience de ma propre situation, je comprends que je parlais de l’histoire d’Acony, la douce horreur. Acony, la petite fille éternelle.
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Sam 1 Aoû - 18:10

Elle avait l’air si vieille et pourtant si jeune, à sangloter et à renifler. N’importe quelle mère aimante l’aurait prise dans ses bras, cette poupée rachitique, l’aurait couverte de baisers et lui aurait dit toutes ses choses inutiles qui réconfortent les chagrins d’enfants. Mais peut-être qu’Acony ne voulait pas être consolée. Elle n’aurait peut-être pas supporté ce débordement d’affection dramatico-romantico-vomitif. Et c’est peut-être pour cela qu’elle refusait mon soutien, mon drapeau blanc, elle le repousse comme un vulgaire bout de tissu. Comme tu veux, je le range dans ma poche, mais ne l’oublie pas. Qui sait ? Tu pourrais changer d’avis. Tu ne veux pas de pitié. Je n’en veux pas non plus. C’est pour cela que nous verrouillons à double-tours la fenêtre de nos sentiments, la porte de notre passé. Mon futur ne m’effraie pas. Je n’ai pas peur d’aller de l’avant, ni de mourir, ni de souffrir. Ce sont les choses qui vous rendent vivant. Je ne veux pas devenir entièrement mort de l’intérieur, je veux continuer de me battre et de saigner. Qu’un fantôme habite encore la carapace de mes chairs. Que mon souffle ne soit pas vain. Je ne peux l’expliquer clairement.

Le monde ne peut pas être changé. Je me redresse lentement. Il fut un temps où j’ai été idiot. On l’est toujours un peu je crois. A quoi bon sauver les gens ? C’est vrai mes congénères ne sont pas tous des agneaux. Mais ils ne valent ni plus, ni moins que moi. Eux ne m’ont pas sauvé, je me suis sauvé tout seul et quel résultat ! Cependant, cette nuit-là, dans le bunker…J’ai pleuré pour qu’on me trouve, qu’on me sauve. Qu’on nous sauve. Car je n’étais pas seul. Ces milliers de visages gris et blafards, je les vois toujours. Et cela vous paraîtra dingue mais au milieu de ces corps meurtris et terrifiés, dans ces milliers d’yeux tristes et apeurés, j’y ai lu de l’espoir. Pas le beau, ni le noble. L’espoir auquel on s’accroche désespérément, pour ne pas sombrer dans la folie. Pour ne pas se taper la tête contre les murs jusqu’à ce que votre cervelle explose. Ils rêvaient tous d’être sauvés. Mais tous les enfants ne sont pas des oiseaux qui peuvent aisément s’échapper de leurs cages. Tous n’ont pas cette chance…Je serre les dents. Voilà pourquoi cela vaut la peine de les sauver. Parce que savoir et laisser faire, c’est le plus ignoble des crimes. Voir ces mains tendues et les ignorer, se bercer d’illusions et trouver le sommeil…Cela me révolte. Et cette haine, me raccroche à la vie, à la réalité.


- Parce que de cette façon, on fait la différence. Même de façon infime. On ne se contente pas d’ignorer, d’oublier. Le monde ne changera pas, mais moi, je pourrais me regarder dans une glace sans détourner le regard.

Si ma voix est sèche, c’est pour qu’elle ne tremble pas. Et puis peut-être qu’en agissant de la sorte, … Mais à quoi je pense ? C’est ridicule. Toutefois, je ne céderai pas. Je ne veux pas sauver les gens pour être remercier, par pour un soi-disant mérite ou supériorité non plus. Je ne peux me l’expliquer à moi-même. Je voudrais qu’on leur accorde une faveur que je n’ai pas eue. Sauver quelqu’un, ce n’est pas forcément lui permettre de vivre plus longtemps. C’est beaucoup plus subtil. Peut-être que c’est une question d’équilibre.

La main d’Acony a l’air si petite et si fragile. Je pourrais presque l’écraser entre les serres d’oiseaux qui me servent de main. Une fois on m’a dit que j’avais des mains d’assassin. Ca m’a bien fait rire sur le coup. Je voudrais sauver le monde avec des mains d’assassin…Je sais que c’est voué à l’échec. Mais je suis persuadé que ca vaut la peine d’essayer. Acony quant à elle, semble retourner à sa torpeur habituelle. Son histoire. Allez savoir tout ce qui pouvait se cacher dans cette petite tête. Je préférais ne pas l’imaginer.


– Tu t’égares dans tes pensées toute seule, répondis-je dans un soupir.

Sur ces mots, je récupérais ma valise que j’avais abandonnée un moment sur le sol. Si je ne me dépêche pas je vais être en retard. Je cherche une indication du regard, pour me guider jusqu’à l’endroit que je cherche. Peu importe, je me débrouillerais. Je regarde la fillette, cherchant les mots qui pourraient servir d’adieux temporaires. Le temps file trop vite. Elle a l’air si petite, j’ai l’air si grand. Pourtant il me semble que ce soit le contraire. Méfiez vous des apparences.


- Tu es quelqu’un de spécial, Acony.

J’ai dis cela sur un ton mystérieux et pourtant, j’aurais juré qu’un bref sourire avait étiré mes lèvres, furtif et rapide comme une ombre. Un sourire sans trop y croire. J’avance, je la dépasse. Je ne sais pas vraiment où je vais. Pas ici, dans le bâtiment, je crois d’ailleurs que c’est la bonne direction. Mais en général. Je ne sais pas où je vais. Mais je n’ai pas peur.
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MessageSujet: Re: Nouveau départ [libre]   Dim 2 Aoû - 12:23

Je n’essaierai jamais de sauver des gens qui ne me voient pas. Ni des gens qui n’en ont pas besoin. Ainsi, la liste se réduit grandement. Ma scène avait été bien courte. Maintenant, l’histoire m’ennuyait. Alors j’ai cessé de la fixer. Et puis, j’ai soupiré. Ca y’est, Acony était là. De nouveau. Qu’il est bon de se sentir soi-même. Enfin, je pouvais me détendre. Il me fallait maintenant dormir. Je me suis détendue. J’avais l’impression de m’écrouler sur le sol. Tout mon corps, je l’entendis craquer et se fendre. J’ai senti mes bras se dérober à mes épaules, et mes genoux laisser s’échapper mon tibia. Mais j’étais encore debout, comme une poupée de tissus. Je tombe mais ne meurs pas. Voilà, Acony est revenue, mes amis. Tout s’est bien passé pendant mon absence ? Mon cœur, tu n’étais pas trop triste ? Mon cerveau, tu n’es pas fatiguée ? Mon intestin, tu as tenu le choc ? Vous êtes forts, mes amis.
Raven s’est relevé et est parti lentement. J’ai fait de même. J’ai redressé la tête, de geste hautain dont j’avais l’habitude, et fus ravie de sentir que j’avais de nouveau mon antique air vide. Vide et mort. Pour toujours. Tant mieux. Je me referme. Comme un livre interdit. Un secret humain, un secret qui dévoilerait l’existence d’un trésor qui ne veut pas être trouvé. Acony. De nouveau, la mélodie de mes pas résonna dans le hall. Elle semblait plus calme, plus douce.

« Tu es quelqu’un de spécial, Raven. »

Une dernière réponse. Je pouvais bien lui répondre une dernière fois. Je n’étais pas sûre qu’il m’ait entendue. Mais qu’importe. Je n’ai pas souri, parce que ça n’en valait pas la peine. Mais je suis partie plus joyeuse qu’à l’habitude. Dire au revoir ? Non. Je n’étais pas certaine de revoir Raven. Dire adieu aurait été trop spectaculaire, et tout cela aurait été inutile. Alors je suis partie. J’ai laissé Raven chercher où il devait aller.
J’avais cru que nous étions semblables. J’ai pensé que Raven aussi, connaissais le monde. Peut être était il plus vieux que moi. Mais non. Je me suis trompée. Il était persuadé de pouvoir faire quelque chose. Quelque chose pour ce monde en mouvement perpétuel. Persuadé de pouvoir arrêter quelqu’un et de lui dire qu’ensemble, ils pouvaient réussir. Persuadé que cette personne qu’il aurait arrêtée allait le croire et l’aider. Et il pensait qu’ils allaient tous deux arrêter une autre personne, qui elle-même aller arrêter quelqu’un d’autre, qui allait arrêter encore d’autres personnes. Raven rêvait encore comme un enfant enfermé. Enfermé par l’espoir de vivre encore un peu. Un espoir dont je n’avais jamais eu besoin. Je n’avais jamais cherché à vivre plus que nécessaire. Jamais cherché à vivre jusqu’au bout. Je le savais bien, maintenant. Raven était bien humain. Il n’y avait que les humains pour chercher à s’accrocher à l’espoir aussi longtemps. Les Immortels ne risquaient rien. Malheureusement. Raven était bel et bien normal. Il cherchait à comprendre la mort et la vie. Il cherchait à savoir. Et surtout, il cherchait à apprendre et à offrir son savoir. Peut être pas pour la reconnaissance, mais pour croire qu’il sauvait des gens en leur apprenant la vie.

Je refusais d’apprendre à qui que ce soit. Je n’étais jamais sûre de qui se trouvait en face de moi. Alors je me taisais. Et puis, parfois, je me laissais aller à vouer quelques unes de mes connaissances. Mais qui sait ce que celui qui les entendait en ferait ? Je préférais ne jamais prendre le risque. Le monde était assez fou comme ça.


[Post de merde, soit, mais post de clôture ?]
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